DESTINATIONS
Articles récents
Vidéos
FMTTW-mali

8 jours au Pays Dogon

Un voyage en terre africaine, lorsque nous avons eu cette opportunité, nous n’imaginions pas encore la chance que nous avions. Car au delà de découvrir un pays et ses richesses, c’est tout une culture nouvelle que nous avons pu découvrir. Quel dépaysement ! Le pays Dogon offre un spectacle magnifique aux paysages grandioses, vertigineux, avec la plaine qui s’étend à l’infinie au pied de la falaise… On vous embarque :

JOUR 1

Nous voici fraîchement débarqués sur le tarmac de l’aéroport de Mopti Hambodejo. Nous sommes tout de suite plongés dans l’ambiance, les couleurs, la chaleur, les odeurs, les paysages, nous sommes en Afrique !
Nous rejoignons le campement de Sevaré, à 12 km de Mopti, qui nous accueillera pour la nuit. Une terrasse, un verre de limonade et la nuit tombe tranquillement. Si les moustiquaires sont suffisamment efficaces, nous passerons un bonne nuit 🙂

Le lendemain, (pas de moustique cette nuit !) levés tôt pour découvrir la ville qui nous accueille, Mopti. Surnommé « la Venise du Mali » elle longe le Niger et son affluent le Bani. Les paysages sont magnifiques, malheureusement, la beauté des lieux est quelque peu entachée par les décharges sauvages.

Le centre ville est en pleine effervescence, nous traversons le marché qui longe le port, où tout est exotique pour nous. De nombreuses boutiques expose l’artisanat local.
Des bijoux, de la décoration, du textile. Il y a de l’artisanat du Pays Dogon, touaregs également, ça c’est la suite du voyage… Du local oui, mais pas que, ici tout est à vendre, des piles, des pièces détachées, des moteurs, des outils, tout se côtoit dans un joyeux bazar. Il fait très chaud, les poissons sèchent sur les étalages, et les photos ne peuvent rendre les odeurs… Tout est aride autour de nous, les bergers rentrent le bétail, les oiseaux viennent raser l’eau du fleuve pour s’abreuver, le moins qu’on puisse dire c’est qu’on est dépaysé !

Cette chaleur nous incite à prendre le large, et nous voici sur une pinasse pour traverser le Niger, en prenant du recul nous voyons mieux Mopti et son architecture. Nous faisons une halte pour une balade à pied au milieu des troupeaux de la zone de confluence entre le Niger et le Bani. Le soleil commence à descendre. C’est paisible.

JOUR 2

Nous partons pour Djenné, il s’agit d’une commune de Mopti située à 130 km. Tout de suite, ce qui frappe, c’est l’architecture très spécifique. En effet les bâtiments sont construits en banco. Mais qu’est-ce donc ? Il s’agit de terre crue, c’est un moyen de construction traditionnel, il consiste à superposer des boules de terre crue encore mouillées, servant à la fois de brique et de liant. La célèbre mosquée de Djenné, classée au patrimoine UNESCO, est entièrement construite ainsi. Stupéfiant !


JOUR 3

Nous prenons la direction de Sangha par les hauts plateaux. Emerveillement total. Tout ici est grandiose, ces plateaux surplombants les villages Dogon sont d’un autre temps. Nous croisons des femmes porteuses d’eau, des enfants allant à l’école et marchant pendant des kilomètres, tous les matins et tous les soirs. Nous descendons donc sur Sangha, nous visitons le village et ses quartiers. En plein centre du village un énorme baobab (arbre immense qui aurait 2 500 ans) Le village est constitué de 13 quartiers, tels que « Ogol-du-haut » et « Ogol-du-bas ». Cette région vit essentiellement de la culture de l’oignon. Cette culture est possible grâce au barrage construit en 1947 par Marcel Griaule. Ce barrage, toujours opérationnel, porte aujourd’hui son nom.
Le soir arrive, la luminosité tombe, et nous descendons de Ogol-du-haut pour Banani à travers une faille dans la falaise. Tout est « rouge terre battue » ici, un lieux chargé d’histoire, truffé de sépultures troglodytes.
Ce soir nous camperons sur les toits « campement Hogon, chez Issa Guirou. Très rudimentaire, mais cette nuit à la belle étoile reste inoubliable…

JOUR 4

Réveil un peu courbaturé, et douche froide nous remettent dans le bain !
Direction sud-ouest, pour visiter le village d’Iréli. Le chemin que nous empruntons nous fait passer par des gorges escarpées dans la falaise de Bandiara, accessible uniquement à pied. Cet endroit du monde est extraordinaire. Nous nous rendons à la mare sacrée aux crocodiles de Amani, ils règnent sur ce territoire. Pas très rassurant…
Une journée riche en émotions, nous rentrons au campement, car demain nous prenons la direction du nord est…


JOUR 5

Départ vers Koundou où l’on gravi la falaise en direction du site Tellem de Komokan. Les Tellems (« ceux qui étaient avant nous », selon l’expression des Dogons) vivaient dans la falaise de Bandiagara – inscrite au patrimoine mondiale par l’Unesco du XIe au XIVe siècle environ – dans des habitations troglodytes. C’est un site aujourd’hui à l’abandon, de nombreux pillages ont eu lieux, notamment lors des sécheresses. Mais la bonne nouvelle c’est qu’une association serait en charge de la restauration du site avec notamment des artisans locaux. On espère sincèrement que ce lieu préservera son authenticité…

Ce soir c’est repos au campement de Koundou (http://www.autremali.com/hotel.php?page=koundou), très bien aménagé, chambre confortable, avec électricité, si si, des plaques solaires ont été installées 😉

JOUR 6

Aujourd’hui nous prenons la route pour Douentza. 4h30 de voiture nous attendent. Il fait encore très chaud et notre guide fait des poses régulières pour la prière. Ce soir nous installons notre bivouac dans le désert, et ça c’est génial !
Nous arrivons sur la dune, on sort les tentes, le soleil descend lentement, on se croit seuls au monde, mais rapidement, des locaux s’invitent, et nous nous retrouvons entourés d’une dizaine de personnes… en plein désert… Mais d’où sortent-ils ? La magie de l’Afrique !
La nuit fût un peu fraîche, même en été le désert les températures sont basses la nuit, mais aucune pollution visuelle, pas une lumière à des kilomètres à la ronde, seuls sons, la nature, le vent, quelques animaux, on espère juste qu’on évitera les scorpions cette nuit 🙂


JOUR 7

On reprend la voiture pour Hombori. Cette route (la nationale 16) est surprenante, tracée en plein désert, des villages et villes sont aux abords, des marchés se sont installés, c’est un lieux de passage important. Nous circulons devant les monts Garni et la Main de Fatma, célèbre montagne au dessin si particulier… Nous sommes dans la région la plus élevée du mali, le Hombori Tondo qui culminent à 1 155 mètres d’altitude. Nous arrivons donc à Hombori, que nous visitons. Cette ville est le trait d’union entre les peuples songhaï, tamasheq, peuhl, dogon et voltaïque.
Nous nous éloignons un peu de la ville en fin de journée pour voir le coucher de soleil sur les dunes roses… Une expérience incroyable. Le désert à ce charme fou que l’on ne peut décrire. Le silence s’impose. C’est le moment contemplatif.

JOUR 8

On prend la route pour Gao, nous traversons le Niger en bac. Gao, ville cosmopolite et plus que millénaire, où le commerce est massif due à sa position stratégique, à l’intersection du désert du Sahara et du fleuve Niger. C’est en plein soleil que nous nous rendons au tombeau des Askia (Classé comme site du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2004, le Tombeau des Askias a été construit par Askia Mohamed en 1495). Nous montons sur ce bâtiment, car du toit du tombeau nous avons une très belle vue de la ville entière de Gao ainsi que du fleuve Niger et de la Dune Rose. Seulement avec cette chaleur, et comme il s’agit d’un mosquée, nous y montons pieds nus… Les marches sont brûlantes AIE !, mais la vue en vaut la peine 😉

Le soir tombant, nous rejoignons l’aéroport de Gao, aéroport que l’on nommerait aérodrome en France, en effet nous attendons notre avion sur le tarmac, en terre battue, et la piste est délimitée par des… cailloux, exotique !

Nous rentrons en France, plein d’images dans la tête, riches de cette belle découverte qu’est le pays Dogon.
Merci à tous les gens que nous avons rencontré et qui ont fait la richesse de ce voyage.

Tags: